EXPO 1855 PARIS

Catégorie
Exposition Universelle

Dates
15/05/1855 - 15/11/1855

Thème
Agriculture, Industrie et Beaux-arts

Désignation Officielle
Exposition Universelle des produits de l’Agriculture, de l’Industrie et des Beaux-Arts de Paris 1855

Superficie (ha)
15,20

Visiteurs
5 162 330

Participants (Pays)
28


Première Exposition Universelle organisée par la France

Faisant suite à la première Exposition Universelle organisée à Londres en 1851, « la Grande Exposition des produits de l'industrie de toutes les Nations », Napoléon III décide par un décret du 8 mars 1853 la tenue d'une Exposition Universelle à Paris.

Comme à Londres, les produits industriels et agricoles y seraient présentés mais l’Empereur avait souhaité que cette manifestation française surpasse celle des Anglais en surface, en nombre de pays participants mais aussi en domaines présentés. Cette Exposition Universelle mettait dès lors l’accent sur l’agriculture et l’industrie, mais aussi sur les beaux-arts, valorisant de nombreux artistes français et la richesse des produits et de l’inventivité à la française. Du fait de la guerre de Crimée et du retard dans la livraison de certains bâtiments, le montage de l'Exposition prit du retard et la date de l’inauguration dut être repoussée. L’Exposition ouvrit ses portes le 15 mai 1855 et fut clôturée le 15 novembre 1855.

Une organisation impériale

L'organisation de l’Exposition Universelle fut placée sous la direction et la surveillance d’une Commission impériale, composée de membres éminents sous la présidence du cousin de l'Empereur, le Prince Louis Napoléon. La sélection des produits et œuvres d'art admis dépendait de comités officiels (« départementaux » pour la France et « étrangers » pour les autres puissances), qui les proposaient à la Commission impériale. Au sein de cette Commission siégeaient notamment l’économiste Frédéric Le Play, le diplomate Ferdinand de Lesseps, le financier Émile Pereire, l’écrivain Prosper Mérimée ou encore les peintres Jean-Auguste-Dominique Ingres et Eugène Delacroix.

Des Participants de différents continents

Vingt-huit pays étaient représentés : à côté du Royaume-Uni, tous les royaumes, empires, états européens sont présents (à l'exception de la Russie), l'Empire Ottoman ainsi que l’Égypte, la Perse, la Chine, les États Unis ou encore le Mexique.

Un Palais en l’honneur de l’Industrie

L’Exposition Universelle de 1855 faisait honneur à l’Industrie et aux Beaux-Arts dans des Palais dédiés, situés dans un triangle formé par les Champs-Élysées, le Cours de la Reine et l'avenue Montaigne. 

Le Palais de l’Industrie, signé de l’architecte Jean-Marie Victor Viel, édifice de 252 mètres de long sur 108 mètres de large, était constitué d’une immense verrière tenue par des poutres en fer forgé, portée par des colonnes de fonte. La Commission Impériale s’étant rendu compte que le lieu ne serait pas assez grand pour accueillir les quelques 24 000 exposants attendus, plusieurs annexes furent créées pour essayer d’installer notamment les nombreuses machines. Au sein de la Nef centrale du Palais étaient présentés les savoir-faire les plus prestigieux : la bijouterie, la verrerie, les cristalleries de Saint-Louis et de Baccarat, l’orfèvrerie, la porcelaine de Sèvres et de Limoges, les bronzes, les soieries lyonnaises et leurs étoffes et même les mobiliers des églises. La plus grande glace du monde confectionnée par la manufacture de Saint-Gobain y était exposée. Tous les métiers étaient représentés; de la métallurgie à l’horlogerie en passant par la saboterie, la facture d’instruments de musique, l’imprimerie. De multiples innovations scientifiques et médicales y étaient également présentées dont notamment le Pendule de Foucault ou encore un projet de câble télégraphique transatlantique qui relierait bientôt l’Europe à l'Amérique du Nord.

Des inventions en profusion

Le public put découvrir de nombreuses inventions: la toute première tondeuse à gazon notamment, une machine à laver le linge de l’américain Moore, la première machine à coudre non industrielle de Singer, la première poupée qui parle, l’un des premiers véhicules à utiliser le pétrole et le revolver du colonel Samuel Colt. Les visiteurs se pressaient pour boire une tasse de café tout droit sortie du percolateur hydrostatique du français Édouard Loysel de Santais, capable de produire quotidiennement cinquante mille tasses de café (2 000 tasses de café par heure). Le lieu regorgeait d’innovations : du nouveau procédé de développement photographique au collodion humide permettant de multiplier les photos-portraits au nouveau modèle de biberon, en passant par la barque en ciment armé (sur treillage de fer) de Joseph Lambot. Au milieu du Palais de l’Industrie, là où la verrière était la plus élevée, avaient été installées les pièces imposantes : les grandes fontaines, les buffets d’orgue et les immenses statues. Les machines imposantes tels que des locomotives, des moteurs, des ventilateurs, des marteaux pilons, etc étaient quant à elles exposées dans une annexe dédiée.

A la rencontre des Arts

Une exposition d’arts avec peintures, gravures, sculptures, architectures, était parallèlement organisée au sein d’un Palais des Beaux-Arts de l’Avenue Montaigne, édifice provisoire sur l’Avenue Montaigne, réalisé par de Hector Lefuel. Ce Palais proposait une rétrospective complète de la carrière de Jean-Auguste-Dominique Ingres. Eugène Delacroix, quant à lui, dût se contenter de 35 tableaux . Des travaux de François Rude, du sculpteur Bartholdi ou de Barye y étaient exposés. Le courant du Réalisme y était représenté par Jean-Baptiste Camille Corot, Théodore Rousseau, Jean-François Millet, Charles-François Daubigny et Gustave Courbet. Ce dernier avait par ailleurs construit son propre espace qu’il avait appelé le « Pavillon du Réalisme » et au sein duquel étaient exposées une quarantaine de ses œuvres dont l’« Atelier du Peintre ».

Le génie récompensé

Le 15 novembre 1855 se déroula la remise des récompenses au sein de la nef centrale du Palais de l’Industrie, en présence de l’Empereur Napoléon III et de son épouse. Près de 11 000 médailles furent remises, dont 112 grandes médailles d’honneur. Parmi ces reconnaissances, le belge Adolphe Sax fut récompensé pour l’invention du saxophone. Dans le domaine des Beaux-Arts, Ingres fut élevé à la distinction de Grand Officier de la légion d’honneur, Delacroix à celle de Commandeur. Cette cérémonie fut également l’occasion de rendre hommage au sculpteur Rude qui était décédé quelques jours avant cette célébration. La cérémonie se termina par un grand concert dirigé par Hector Berlioz, avec au programme Mozart, Glück, Rossini, Meyerbeer et Beethoven. A cette occasion, pour la première fois, un métronome électrique fut utilisé.

En six mois, l’Exposition Universelle accueillit plus de 5 millions de visiteurs. La rivalité entre Londres et Paris dans l’organisation d’Expositions Universelles ne faisait que commencer en cette seconde moitié du XIXe siècle ; Londres organisa l’Exposition Universelle de 1862, puis Paris celles de 1867, de 1878, de 1889, et enfin de 1900 pour laquelle le Palais de l’Industrie fut détruit pour laisser la place au Petit et au Grand Palais.